RDC : les ADF financés par l'or des mines de l'Est, selon The Sentry
Dans un rapport publié sous le titre « Une brutalité garantie par l'or », l'organisme américain The Sentry décrit comment les ADF financent leurs activités grâce à l'or de trois provinces de l'est de la RDC.

Les ADF, groupe armé actif dans l'est de la RDC, ont bâti en quelques années un système de financement local. C'est la conclusion d'un rapport de The Sentry, organisme américain de recherches, relayé par RFI.
Le document s'intitule « Une brutalité garantie par l'or ». Il décrit un réseau étendu qui repose en grande partie sur les ressources minières de l'Est congolais.
Une adaptation après la perte de soutiens extérieurs
D'après The Sentry, les ADF ont dû changer de méthode. Les financements liés au groupe État islamique en Irak et au Levant se sont taris, et le mouvement s'est tourné vers des revenus trouvés sur place.
Un corridor aurifère sur trois provinces
L'argent provient de l'extraction illégale d'or le long d'un corridor qui traverse le Nord-Kivu, l'Ituri et la Tshopo.
Dans la région de Manguredjipa, en territoire de Lubero, les seuls gisements pourraient rapporter jusqu'à 1,6 million de dollars par an au groupe, estime l'organisme. Les ADF sont présents dans sept des 22 principales mines d'or du Nord-Kivu.
Des liens avec le commerce régional de l'or
Selon le rapport, ces revenus alimentent désormais les circuits régionaux du commerce illicite de l'or. Ces circuits relient des zones minières touchées par le conflit aux corridors commerciaux de la région et aux marchés ougandais.
Parmi les axes de transit mentionnés figure celui de Béni-Kasindi. Des villes servent aussi de plateformes commerciales, comme Butembo, au Nord-Kivu.
Enlèvements, pillages et taxes sur le cacao
L'or n'est pas la seule ressource du groupe. Il s'appuie aussi sur les enlèvements, les pillages et la taxation illégale des plantations de cacao.
Un appel au Conseil de sécurité
The Sentry écarte l'idée d'un mouvement en perte de vitesse. Pour l'organisme, les ADF forment désormais une menace plus décentralisée, adaptable et financièrement résiliente.
Il réclame notamment l'ouverture d'une enquête du Conseil de sécurité de l'ONU.
