Le « Mozart noir » à l'Opéra royal de Versailles, avec le ténor kinois Patrick Kabongo
Les œuvres du Chevalier de Saint-George ont été jouées le 15 octobre à l'Opéra royal de Versailles. Sur scène, le ténor Patrick Kabongo, originaire de Kinshasa, qui voit dans le compositeur un modèle.

Plus de deux siècles après sa disparition, Joseph Bologne de Saint-George retrouve les grandes scènes. Le jeudi 15 octobre, l'Opéra royal de Versailles a fait entendre ses œuvres, avec notamment le ténor congolais Patrick Kabongo.
Musicien, escrimeur et colonel
Surnommé le « Mozart noir », le chevalier est né en Guadeloupe d'un aristocrate français et d'une esclave africaine. Il reçoit en France une éducation de la haute aristocratie et y apprend à manier l'épée autant que l'archet.
Violoniste virtuose, compositeur, escrimeur réputé, il devient aussi le premier colonel noir de l'armée française. Pendant la Révolution, il conduit la première légion d'hommes noirs et métis.
Compositeur, violoniste, escrimeur, militaire, homme des Lumières : il a connu mille vies en une seule, et ce destin romanesque s'entend dans ses partitions.
Le musicien préféré de Marie-Antoinette
Son talent séduit la cour. Marie-Antoinette en fait son musicien favori et veut le nommer à la tête de l'Opéra royal, avant d'y renoncer face aux préjugés raciaux.
Sa musique tombe dans l'oubli après le rétablissement de l'esclavage, au début du XIXe siècle. Elle retrouve aujourd'hui la place qu'elle mérite : celle d'un compositeur engagé et libre.
Pour Patrick Kabongo, « un modèle »
Le ténor originaire de Kinshasa admire l'audace d'un homme qui a mené de front deux vies, militaire et musicien, à une époque où rien ne lui était facile.
C'est l'audace. Je pense qu'à l'époque, ce n'était pas facile pour lui de pouvoir faire tout ce qu'il a fait, militaire et musicien. C'est un modèle.
Patrick Kabongo
Dans ces partitions élégantes et lumineuses, il entend les couleurs de l'époque de Mozart.


