Union européenne, ne ferme pas la porte à tes prétendants !

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Malgré le Brexit et l’euroscepticisme, un bon nombre de pays frappent encore à la porte de Bruxelles, constate Linkiesta. L’élargissement de l’UE a été une magnifique aventure et poursuivre ce processus pourrait être le levier idéal pour relancer l’Union, espère le site d’information italien.

Au tout début des années 2000, l’Europe – comprise comme l’Union européenne – était saisie d’une “fièvre de l’élargissement” qui ne paraissait jamais devoir retomber. En 2004, en effet, dix pays étaient entrés en même temps dans l’UE : Chypre, l’Estonie, Malte, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie, la Slovénie et la Hongrie. Il semblait alors que tous les différends entre Europe de l’Est et Europe occidentale s’étaient définitivement dissous dans une étreinte bruxelloise qui paraissait inéluctable.

Dans l’empressement et l’euphorie du moment, il y eut même quelques ratés, comme l’accueil de Chypre avant la réunification de l’île (ou avant la conclusion d’un accord définitif entre les deux États qui se disputent son contrôle). Conséquence : un tiers du territoire d’un pays qui appartient depuis maintenant dix-sept ans à l’Union européenne reste aujourd’hui sous occupation militaire d’un puissant voisin à manier avec beaucoup de précaution : la Turquie. À la même époque, on parlait d’ailleurs avec beaucoup d’insistance et de sérieux – et, pour tout dire, dans un déferlement de polémiques – de l’entrée de la Turquie elle-même dans l’UE, hypothèse qui aujourd’hui, après tant d’années de démonstrations néo-ottomanes de Recep Tayyip Erdogan, paraît un peu surréaliste. On songea même un temps à inviter Israël à adhérer à l’Union.

Et, comme s’il s’agissait du concours de l’Eurovision et non du projet politique le plus ambitieux de l’histoire du monde, d’aucuns envisageaient d’élargir encore la distribution de cartons d’invitation, prônant d’ouvrir la porte de l’UE à toute une flopée de pays du Caucase et d’Asie centrale, et même au Maroc, à la Tunisie et jusqu’au Cap-Vert. Puis, cet élan s’est arrêté net.

En 2007, seules la Bulgarie et la Roumanie ont intégré le groupe, presque en catimini. Six ans plus tard, c’était au tour de la Croatie. Quiconque avait assisté à la “grande fête” nocturne donnée le 1er juillet 2013 sur une grande place de Zagreb pour célébrer l’entrée du pays dans l’UE aurait déjà dû tout comprendre. L’événement ne réunissait pas plus de deux cents personnes – dont à peine une moitié de Croates. La principale attraction de la soirée était non un artiste officiellement engagé pour l’occasion, mais un vieillard en habit de lumière et paillettes qui improvisait des numéros de claquettes sur fond de musique techno.

La vérité, c’est qu’en 2013 l’enthousiasme pour l’Europe était déjà retombé. Dans le même temps, l’euroscepticisme, qui couvait depuis un certain temps, s’était révélé et avait explosé. Il s’était répandu et avait prospéré surtout à droite, débouchant sur diverses formes de souverainisme, mais aussi à gauche, déclinant plusieurs

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Guido De Franceschi

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Lancé le 31 janvier 2011, Linkiesta est un des rares médias d’information italiens sur le modèle tout en ligne (pure player). Son nom est la contraction des mots link (“lien”, en anglais) et inchiesta (“enquête”,

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