Une procédure d’impeachment à la hauteur du traumatisme subi par les élus américains

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Une semaine après l’invasion du Capitole par des supporters de Donald Trump, la gravité de l’assaut et l’ampleur de ses conséquences sur les parlementaires se traduit dans la procédure en destitution expresse visant le locataire de la Maison-Blanche.

“Je ne savais pas si j’allais sortir vivante de cette journée.” Près d’une semaine après l’assaut du Capitole par des supporters de Donald Trump, les témoignages d’élus au Congrès de Washington se multiplient dans la presse américaine pour dénoncer la gravité des événements de la journée du 6 janvier et souligner le traumatisme subi.

Cette phrase glaçante, c’est la députée de gauche Alexandria Ocasio-Cortez qui l’a prononcée, rapporte le site Bloomberg, pour souligner qu’elle “a cru qu’elle allait mourir” lorsque les partisans de Trump ont fait irruption dans le Capitole la semaine dernière, et qu’elle a même craint que “des membres des forces de l’ordre, voire d’autres parlementaires, n’encouragent cette foule en colère”.

Sous la menace

La députée s’est sentie menacée, notamment quand elle a été mise à l’abri dans une pièce sécurisée avec d’autres parlementaires, qu’elle soupçonnait d’être “tout disposés à faire en sorte qu’il m’arrive quelque chose. J’ai bien cru que j’allais y laisser ma peau – ce n’était pas une peur vague, ça a été très, très concret pour moi.”

Beaucoup d’entre nous ont échappé à la mort de justesse. De l’intérieur, on avait vraiment le sentiment que quelque chose ne tournait pas rond.”

Désarroi durable

Le San Francisco Chronicle relate, pour sa part, le désarroi durable ressenti par les membres de la délégation parlementaire de Californie, qui tentent de “se remettre de leur traumatisme tout en accélérant la procédure d’impeachment” à l’encontre de Donald Trump.

“Certains ont du mal à dormir, la plupart décrivent ressentir de la colère, de la tristesse et de la peur”, détaille le quotidien de la côte Ouest.

La députée démocrate d’Oakland, Barbara Lee, décrit au San Francisco Chronicle des montées d’anxiété et des crises de larmes :

Oui, nous sommes des décideurs politiques, nous sommes aguerris et nous faisons notre travail, mais nous sommes aussi des êtres humains et nous ne pouvons pas oublier ça.”

Barbara Lee, qui était travailleuse sociale avant d’être élue au Congrès de Washington, a “connu pas mal de traumatismes dans sa vie”, souligne le journal, ce qui ne l’empêche pas d’avoir l’impression de “[s]’en être tirée de justesse comme jamais cela ne [lui] est arrivé. Jamais [elle] n’[a] senti de danger aussi immédiat.”

Un jour véritablement horrible

Même son de cloche dans le Boston Globe, qui souligne la terreur ressentie par les parlementaires du Massachusetts présents au Congrès de Washington le 6 janvier.

Pour le député démocrate Jim McGovern, par exemple, entendre les manifestants briser les vitres et tambouriner à la porte de la Chambre des représentants, c’était “comme voir le mal dans les yeux”. Une semaine après les événements, il se remémore toujours “un jour véritablement horrible”.

Quant au Washington Post, il s’attarde sur le témoignage du député démocrate du Maryland, Jamie Raskin, l’un des coauteurs des articles d’impeachment contre Donald Trump.

Deux jours seulement après avoir enterré l’un de ses fils, “Tommy, 25 ans, mort par suicide à la veille du jour de l’an, le député était présent au Capitole en compagnie de sa fille et de l’un de ses gendres lors de l’assaut par les partisans de Trump”, rapporte le quotidien.

Il explique avoir été séparé de sa fille et de son gendre lors de l’évacuation de la Chambre des représentants, puis raconte “les heures passées dans une salle sécurisée après avoir été finalement rejoint par ses proches”.

Le député est ensuite resté toute la soirée et une partie de la nuit du 6 au 7 janvier au Congrès, lorsque la session plénière interrompue par l’intrusion des manifestants a repris, pour terminer de certifier le vote des grands électeurs confirmant la victoire de Joe Biden à la présidentielle.

Les jours suivants, “il a participé à la rédaction des articles d’impeachment contre Trump”, sans cesser de penser à son fils, étudiant en droit à l’université Harvard, décédé quelques jours plus tôt :

S’il était encore là, il aurait pensé que l’assaut violent contre le Capitole est la pire forme de crime que l’on puisse intenter contre la démocratie.”

Bérangère Cagnat



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