Un G7 à valeur de test pour Joe Biden

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Le président américain a entamé une tournée de plusieurs jours en Europe. Jeudi, il a rencontré pour la première fois en personne le Premier ministre britannique Boris Johnson. Les deux dirigeants ont célébré leur alliance, malgré les divergences sur l’Irlande du Nord. 

Pour leur première rencontre en face à face, à la veille du sommet du G7, Joe Biden et Boris Johnson ont mis en avant, jeudi 10 juin, l’alliance historique entre leurs pays, mettant de côté les divergences liées aux tensions post-Brexit en Irlande du Nord.

Le président américain et le Premier ministre britannique “ont fait preuve d’unité”, relève The Telegraph, leurs discussions à Carbis Bay, station balnéaire du sud-ouest de l’Angleterre qui accueille de vendredi à dimanche les dirigeants du G7, ayant été qualifiées de “fantastiques” et “productives”“Nous avons réaffirmé la relation spéciale, je ne le dis pas à la légère, la relation spéciale entre nos peuples”, a déclaré le président américain à la presse, tandis que Boris Johnson a décrit la rencontre comme une “bouffée d’air frais”.

L’entrevue des deux dirigeants se déroulait sur fond de “tensions persistantes” entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE), rappelle le Financial Times. L’UE menace de sanctions commerciales si M. Johnson rompt unilatéralement les promesses qu’il a faites concernant l’Irlande du Nord, et l’hôte du sommet du G7 devra faire face à des rencontres délicates dans les jours à venir avec les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de l’UE elle-même.

Redorer l’image des États-Unis à l’étranger

Mais “les défis” qui attendent Joe Biden lors de son premier séjour à l’étranger sont aussi “nombreux”explique le New York Times. Sa “tâche principale”, au cours de cette intense tournée européenne qui l’emmènera, après le G7, à Bruxelles pour des sommets avec l’Otan et l’Union européenne, puis à Genève pour une rencontre avec Vladimir Poutine, sera “d’apporter la sérénité diplomatique qui a échappé à de telles rencontres pendant quatre ans”. 

Le chef de l’État, qui arrivera à cette série de réunions au sommet “porté par une campagne de vaccination réussie et une économie en plein essor”, passera son temps “à faire valoir que l’Amérique est de retour et prête à diriger à nouveau l’Occident”. Jeudi, il a appelé les autres dirigeants à réaffirmer avec lui les valeurs démocratiques communes. “Nous devons discréditer ceux qui pensent que l’ère de la démocratie est terminée, comme le croient certains de nos compatriotes”, a-t-il déclaré.

Une partie de la “mission officieuse” de Joe Biden sera de contribuer à redorer l’image des États-Unis à l’étranger, note le Washington Post. Le journal note que celle-ci s’est déjà nettement améliorée depuis l’entrée en fonction du démocrate. Selon une enquête menée par le Pew Research Center dans une douzaine de pays au cours des deux dernières années, et publiée jeudi, 62 % des répondants ont désormais une opinion favorable du pays, contre 34 % à la fin des quatre années de mandat de M. Trump. L’institut a également constaté que 75 % des personnes interrogées ont dit faire confiance à Joe Biden pour “faire ce qu’il faut concernant les affaires mondiales”, contre 17 % durant la dernière année de présidence Trump.

“Doutes” quant à la fiabilité américaine

Reste que “des doutes persistent sur la fiabilité américaine”, souligne le New York Times

À 78 ans, M. Biden est-il le dernier souffle d’une politique étrangère internationaliste à l’ancienne ? L’Europe supportera-t-elle le coût de ce qui ressemble de plus en plus à une nouvelle guerre froide avec la Russie ? Lui demande-t-on de s’engager dans une politique d’endiguement de la Chine ? Et M. Biden tiendra-t-il ses promesses en matière de climat ? Ces questions se poseront alors qu’il devra faire face à des désaccords sur le commerce, à de nouvelles restrictions sur les investissements et les achats en Chine et à sa position toujours changeante sur un gazoduc qui reliera directement la Russie à l’Europe, en contournant l’Ukraine.”

Surtout, analyse CNN, “la caractéristique la plus extraordinaire du voyage de Biden n’est pas qu’il est un président américain qui va affronter la tyrannie à l’étranger – cela s’est déjà produit auparavant”. L’occupant du Bureau ovale va rencontrer ses alliés “à un moment où la plus grande menace pour la démocratie vient de l’intérieur des États-Unis”, relève la chaîne. 

“Les responsables européens suivent les conflits politiques qui font rage aux États-Unis, et ils notent que l’emprise de Donald Trump sur son parti ne faiblit guère”, abonde le New York Times. Et si “les responsables de la Maison-Blanche affirment que la diplomatie américaine stable est de retour pour de bon, mais ils ne peuvent bien sûr offrir aucune garantie au-delà de janvier 2025”, date de début du prochain mandat présidentiel américain.  



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