Très chers animaux de compagnie

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La crise du Covid-19 devrait permettre à Chewy de vendre cette année pour 7 milliards de dollars de nourriture, jouets et médicaments pour animaux domestiques. Chouchou de la Bourse, ce site spécialisé américain n’a pourtant jamais gagné d’argent.

Il figure à la cinquième place sur la liste des patrons les mieux payés aux États-Unis publiée par Bloomberg News en juillet. Mais son nom est inconnu du grand public – sauf, peut-être, parmi les propriétaires d’animaux domestiques.

Sumit Singh est, depuis mars 2018, le PDG de Chewy, une société de vente en ligne d’aliments, de jouets et de médicaments pour chiens, chats, oiseaux  et autres animaux auquel Bloomberg Businesweek consacre une couverture kitschissime, sous le titre “L’année des animaux de compagnie”.

“En 2019, Sumit Singh​ a gagné 108,2 millions de dollars [91 millions d’euros] en salaires, primes et actions. Une somme d’autant plus remarquable qu’en neuf ans d’existence Chewy n’a encore jamais dégagé un bénéfice trimestriel”, s’étonne l’hebdomadaire dans son édition datée du 23 novembre.

Adoptions d’animaux en hausse

Mais les actionnaires s’en fichent, apparemment. “Le cours de l’action est passé de 30 dollars en début d’année à 72 dollars en octobre, portant la valeur de l’entreprise à quelque 30 milliards de dollars.”

Car entre-temps il y a eu… le Covid-19 ! La pandémie a provoqué une hausse des adoptions d’animaux et découragé les propriétaires – les “parents d’animaux domestiques”, comme on dit chez Chewy – de se rendre dans les magasins. À peu près deux foyers sur trois aux États-Unis ont des animaux de compagnie, et “cette année, ils dépenseront pour eux le montant record de 99 milliards de dollars [83 milliards d’euros], selon l’American Pet Products Association.”

Résultat, le site, dont le nombre de clients a progressé de 27 % lors de l’année fiscale close le 2 février, prévoit, pour l’exercice en cours, un chiffre d’affaires de 7 milliards de dollars, soit 40 % de plus qu’en 2019 – année où il avait déjà progressé de 27 %.

Ne pas se laisser écraser par Amazon

“Reste à savoir quand la société deviendra bénéficiaire”, s’interroge le magazine américain. Depuis sa création à Miami par deux amis, Ryan Cohen et Michael Day, l’entreprise n’a pas varié dans sa stratégie : grossir aussi vite que possible. Les fondateurs, qui ont vendu le site en 2017 à la chaîne de magasins pour animaux PetSmart, étaient persuadés que la seule manière de ne pas être écrasés par Amazon, c’était d’avoir un chiffre d’affaires supérieur à celui réalisé dans le même domaine par le géant du commerce en ligne.

“À certains égards, Chewy n’est pas sans rappeler Amazon à ses débuts, relève d’ailleurs Bloomberg Businessweek, car la start-up ne démord pas d’un objectif : la croissance à long terme aux dépens des bénéfices à court terme.”

Sumit Singh, qui, nous dit l’hebdomadaire, possède un chien de race shih tzu répondant au nom de D, est justement un ancien d’Amazon. Pour mémoire, le groupe dirigé par Jeff Bezos a mis sept ans avant d’afficher son premier bénéfice trimestriel, fin 2001. À cette aune, Chewy a donc déjà deux ans de retard.

Source

Créé en septembre 1929 – quelques semaines avant le krach –, le magazine des affaires Business Week est resté pendant quatre-vingts ans dans le giron de l’éditeur américain McGraw-Hill. Mais au début des années 2000, ses revenus

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