Questionnement après l’attaque contre l’opposant Yaya Dillo au Tchad

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Dans la nuit du 28 février, Yaya Dillo, l’un des candidats à l’élection présidentielle du 11 avril au Tchad, a été attaqué à son domicile. Dans le régime autoritaire d’Idriss Déby, les opposants semblent gêner les manœuvres politiques du président sortant, investi candidat à un sixième mandat.
 

Le vent tourne dans le paysage politique tchadien. Il était, hier, l’un des alliés du président tchadien Idriss Déby, et il se dit, aujourd’hui victime d’une tentative d’assassinat de ce dernier.

Yaya Dillo, ministre auprès du gouvernement d’Idriss Déby en 2007 est devenu un de ses opposants politiques. Le 28 février, à N’Djaména, il a vu son domicile encerclé par plusieurs hommes armés puis a été attaqué, raconte Al Jazira. Le feu a été ouvert autour de la maison et l’incident a trouvé une issue tragique. Peu après avoir déclaré sur les réseaux sociaux que sa mère et son fils ont été tués durant des échanges de tirs, rapporte Tchad Infos, Internet a cessé de fonctionner à N’Djaména.

Un timing troublant

Suite à l’incident, les versions diffèrent. Pour certains, l’affaire a pris des airs d’une tentative de muselage d’un opposant politique dérangeant. Yaya Dillo figure parmi les candidats à l’élection présidentielle du 11 avril 2021. Le gouvernement pour sa part a justifié, par communiqué officiel, l’intervention armée comme “une mission de police judiciaire”, observe Aujourd’hui au Faso. En effet, l’homme, poursuivi pour diffamation et injures par deux mandats judiciaires, avait ignoré ses convocations successives. Et la personne à l’origine de la plainte n’est autre que la première dame, Inda Déby Itno. L’homme avait dénoncé publiquement un conflit d’intérêts entre sa fondation et le gouvernement.

À l’approche du scrutin présidentiel tchadien du 11 avril, cette attaque sonne comme une preuve du pouvoir de plus en plus autoritaire du maréchal Idriss Déby, s’insurge le candidat d’opposition. Pour cause, trente et un ans après son arrivée à la tête du pays, il a eu recours à une modification de la Constitution, lui permettant d’être investi candidat à un sixième mandat. À cette annonce, les manifestations dans les rues de la capitale avaient été sévèrement réprimées, gaz lacrymogènes à l’appui.

Le maréchal Déby a montré à ses opposants, que, eux aussi, doivent marcher au pas, estime le journal burkinabè : “Ce faux pas que vient d’effectuer le régime tchadien et ses sbires indique à ceux qui veulent le savoir que les palais présidentiels africains abritent majoritairement des hommes qui n’ont d’yeux que pour leurs fauteuils douillets.”

Pauline Le Troquier



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