pourquoi la révolte sociale a explosé à Cali

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Proche de la côte du Pacifique, la troisième ville du pays, multiraciale et fortement touchée par la pauvreté, est l’épicentre des grandes manifestations, sévèrement réprimées, qui secouent le pays depuis fin avril. Décryptage du grand quotidien colombien El Espectador. 

Les dernières semaines n’ont pas été faciles pour la Colombie,  particulièrement le département de la Valle del Cauca et, encore moins, pour la ville de Cali, sa capitale.

Les revendications du mouvement de grève nationale et les manifestations de milliers de jeunes –  surnommés la “première ligne” –  qui protestent contre la faim, la pauvreté et le chômage qui sévissent en Colombie, associée à la faiblesse des institutions, aux brutalités policières et à au manque de dialogue, ont entraîné une escalade de la violence [autour de soixante morts, selon les sources, dont la plupart à Cali]

Sur le fond, les revendications restent les mêmes

À Cali, les barrages de routes et de rues apparaissent et disparaissent, et la population s’inquiète des pénuries et de la possibilité d’une nouvelle crise économique.

Fernando Urrea, professeur émérite à la faculté des sciences sociales et économiques de l’université de Valle, explique :

Pour comprendre le contexte, il faut remonter au processus de formation des villes depuis la colonisation, en passant par le XIXe siècle et jusqu’au XXe siècle. C’est une région d’anciennes haciendas où vivaient des esclaves. Mais c’est aussi une région où les Indiens de la région de Cauca étaient sous contrôle des capitaineries [sortes de ‘préfectures’ de l’époque]. L’église et les propriétaires des haciendas étaient aussi très influents.” 

Des propos confirmés par Enrique Rodríguez, directeur du Centre de recherche de la faculté de droit et de sciences sociales de l’université Icesi de Cali, pour qui ce qui se passe aujourd’hui n’est pas nouveau.

Car-delà les protestations et les slogans du mouvement de grève, qui demandent aux autorités, entre autres, de répondre aux besoins fondamentaux des communautés marginalisées, les deux universitaires s’accordent à dire qu’il ne s’agit pas de nouvelles revendications et qu’il faut prendre en compte, en toile de fond, le racisme à l’égard des communautés des nouveaux arrivants qui, pendant des années, ont été “gommés” par les élites de Cali.

Enrique Rodríguez souligne :

Cali est un carrefour, c’est la connexion avec le Pacifique et avec le sud du pays. C’est une ville de migrants. Cali est historiquement très inégalitaire, avec des élites qui pratiquent l’entre-soi et une toute petite classe moyenne par rapport à la classe populaire.

Pour expliquer le développement et la croissance de Cali en tant que ville, les communautés africaine –  composée de descendants d’esclaves –  et indienne jouent un rôle déterminant.

Une ville “multiethnique, multiculturelle et multiraciale”

“Ils ont toujours été là. Au début du XXe siècle, 70 % de la population de Cali était noire. La ville devient plus blanche avec la colonisation de la région pour la culture du café. Les riches Blancs

[…]

Service Enquête

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Créé en 1887, “Le Spectateur” revendique une ligne éditoriale neutre, se proclamant de l’“extrême centre”, qui “privilégie la proposition”. Il n’a par exemple jamais pris parti pour un candidat lors d’une élection présidentielle.

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