Pour les artistes, le confinement n’était que le début de la catastrophe

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La fermeture prolongée des musées, théâtres et autres lieux de culture est le germe d’un désastre à long terme. “Le vivant, socle sur lequel repose presque toute l’industrie culturelle moderne, a été anéanti”, écrit l’essayiste américain William Deresiewicz.

Pour bien comprendre les conséquences de la pandémie sur le monde de la culture, il faut tout d’abord savoir que cette crise s’abat sur un secteur déjà affaibli par vingt ans de frénésie numérique. Ou, plus précisément, de démonétisation des arts par le numérique. En d’autres termes, tout produit culturel pouvant être dématérialisé (musique, texte, photo et vidéo) a vu son prix chuter, s’il n’est pas devenu gratuit. Les sources de revenu de nombreux secteurs se sont taries : les ventes de CD pour les musiciens, de tickets et de DVD pour le milieu du cinéma, les avances sur les droits d’auteur pour les écrivains, les revenus publicitaires pour les journaux.

Un coup dur

Artistes et organisations culturelles ont donc appris à vivre de sources difficiles à dématérialiser, c’est-à-dire les objets physiques et, surtout, les événements en public. Ainsi, les musiciens enchaînent les tournées. Les écrivains donnent des conférences, des lectures publiques, enseignent ou participent à des résidences. Les artistes visuels (animateurs, illustrateurs, dessinateurs de BD) font cours ou animent des ateliers. Les magazines organisent des événements à la chaîne pour monnayer leur marque. Les festivals de tout poil prolifèrent, que ce soit en musique, cinéma, stand-up ou littérature. C’est aussi le cas des expositions, devenues cruciales pour vendre de l’art visuel haut de gamme, et des conventions comme le Comic Con, formidables vitrines pour de nombreux domaines artistiques.

Mais aujourd’hui, rien de tout cela n’est possible [tant que le confinement reste de rigueur]. La fermeture des salles de spectacle a été un coup dur pour les orchestres, les troupes de danse, les compagnies de théâtre et tous les artistes qui créent ou se produisent pour ces structures. De même pour les musées, les galeries,

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William Deresiewicz

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L’auteur

WILLIAM DERESIEWICZ

Cet essayiste et critique américain, né en 1964 et formé à l’université de Columbia, à New York, a enseigné durant dix ans la littérature à Yale. Publié par les meilleurs journaux américains (The New York Times, The Atlantic, Harper’s, The Nation), il est aussi l’auteur d’ouvrages remarqués sur des sujets aussi variés que Jane Austen ou le système éducatif américain. Tous sont inédits en français. Le 28 juillet, il publiera aux États-Unis, aux éditions Henry Holt and Co., un essai intitulé The Death of the Artist. How Creators Are Struggling to Survive in the Age of Billionaires and Big Tech (“La mort des artistes. Comment les créateurs luttent pour survivre à l’ère des milliardaires et des Big Tech”).

Source

Fondé par des abolitionnistes en 1865, résolument à gauche, The Nation est l’un des premiers magazines d’opinion américains. C’est le plus ancien hebdomadaire aux États-Unis à avoir été publié sans interruption jusqu’à aujourd’hui.
Des

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