Mónika Lakatos porte haut la voix des Tsiganes en Hongrie

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Récompensée fin octobre par un prestigieux prix international, cette artiste rom se distingue par son parcours inhabituel pour une femme dans la musique tsigane. Le magazine de référence hongrois HVG l’a rencontrée.

Issue de la minorité oláh, une communauté venue de Roumanie au XIXe siècle et installée autour du village de Nagyecsed, dans le nord-est de la Hongrie, Mónika Lakatos évoque dans les pages du dernier numéro de l’hebdomadaire HVG son style profond, qui se distingue des standards tsiganes plus festifs. “Explorer les profondeurs de l’esprit constitue une composante importante de l’existence tsigane. Je défends et transmets un répertoire intimiste que notre communauté tend à oublier”, explique cette artiste, qui a été récompensée fin octobre par le prix Womex, dans la catégorie musiques du monde.

Première artiste rom distinguée par cette prestigieuse récompense, Mónika Lakatos succède au palmarès à des musiciens de renom tels que le Sénégalais Cheikh Lô ou la vedette du fado Mariza.

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Des préjugés toujours présents

Autodidacte, la chanteuse quadragénaire s’est imposée sur la scène musicale hongroise en même temps que son mari, le celèbre musicien tsigane Mihály Mazsi Rostás. Une configuration inhabituelle dans un environnement traditionnellement conservateur et patriarcal. “Les époux et les épouses ne peuvent ni se dire des mots d’amour ni s’asseoir ensemble devant les autres, même lorsqu’ils reçoivent chez eux. Dans notre communauté, il est inhabituel qu’une femme se prenne en main et aille chanter dans des groupes”, raconte au magazine l’interprète, qui évolue au sein de trois ensembles musicaux différents.

Outre le violon, incontournable dans la tradition tsigane oláh, et la guitare, Mónika Lakatos et ses musiciens agrémentent les trémolos chantés de rythmes formés à l’aide d’ustensiles ménagers tels que des cuillères en bois et des pots en aluminium. Revendiquant son identité tsigane magyare, Lakatos subit le poids toujours vivace des préjugés. “Je rencontre chaque jour des personnes qui me font des remarques sur mon teint ou me regardent de travers. Le plus triste, c’est quand des personnes âgées me disent de rentrer en Inde [en référence à la lointaine origine des Roms]”, déplore-t-elle.

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