MBS échappe (pour l’instant) à la publication du rapport de la CIA

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Alors que Washington annonçait la publication du rapport qui met directement en cause le prince héritier saoudien dans l’assassinat de Jamal Khashoggi, la presse saoudienne multiplie les photos en une et les articles laudatifs pour marteler que Mohamed ben Salmane est toujours là, et bien là.

“La patrie est protégée”, titre le grand quotidien saoudien Okaz ce vendredi 26 février, qui joue sur une ambiguïté relative à l’absence de notation des voyelles en arabe. Car on peut aussi lire “la patrie [le] protège”. Sur fond d’une photo géante du prince héritier Mohamed ben Salmane, le message subliminal serait-il donc que celui qu’on nomme MBS est solidement retranché dans ses positions, inatteignable par les affres qui se trament à l’extérieur du pays ?

Toute la presse saoudienne se dépasse ces jours-ci en éloges sur MBS. Celui-ci a en effet subi une ablation de l’appendice mercredi 24 février et est sorti guéri de l’hôpital. Occasion parfaite pour affirmer “la sollicitude du peuple” à son égard, pour souligner “l’amour filial” que les citoyens vouent à “la figure paternelle” du “maître de la renaissance nationale” et pour célébrer les “liens indéfectibles” et “éternels” entre le peuple et ses dirigeants.

Tout cela intervient précisément au moment où l’on s’attendait, ce jeudi 25 février, à la déclassification d’un rapport de la CIA qui met directement en cause le prince héritier dans l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, dans le consulat saoudien à Istanbul en Turquie, en octobre 2018.

Qui plus est, Washington avait indiqué que MBS ne serait pas l’interlocuteur de Joe Biden, ce qui pouvait être compris comme une façon de faire pression pour que Riyad écarte MBS de la succession au trône, au profit d’un autre prince, moins controversé.

La publication du rapport a été repoussée sine die, après que Joe Biden a eu une première conversation téléphonique avec le roi Salmane. Officiellement, il n’a pas été question entre les deux hommes ni de l’affaire Khashoggi, ni du statut du prince héritier.

Toutefois, l’omniprésence ces derniers jours de portraits de MBS à la une des journaux, et l’abondance d’éditoriaux pour le glorifier, apparaissent à la fois comme un signal envoyé pour dire qu’il faut toujours compter avec le prince héritier, et comme le signe d’une certaine nervosité vis-à-vis des pressions américaines.

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Créé en 1960, Okaz est l’un des premiers médias du royaume saoudien et le deuxième quotidien en terme de diffusion. Ses articles reflètent le point de vue du pouvoir et des milieux d’affaires.
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