“Ma meilleure amie a été emportée par le Covid-19, et plus rien ne tourne rond”

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Chaque semaine, la chronique phénomène du New York Times sur l’amour vous est proposée en exclusivité, traduite en français, par Courrier international. Ce dimanche, un homme revient sur l’amour qu’il portait à sa meilleure amie, emportée par le Covid-19. Et sur le deuil qu’il ne parvient pas à faire.

Le jour où j’ai appris qu’Alison allait mourir, je me suis roulé en boule avec mes deux chiens dans le couvre-lit brodé qu’elle m’avait offert pour mon mariage.

Cet objet unique – le texte de nos échanges de consentement y est brodé – existe pourtant en trois exemplaires. Pour mon mariage, il y a deux ans, Alison avait fait broder cette longue déclaration sur ce plaid de deux mètres sur deux. Mais la personne chargée de sa confection s’était trompée en plaçant des virgules au mauvais endroit et en rajoutant des fautes d’orthographe, alors Alison lui avait fait reprendre son travail à deux reprises. Elle ne voulait pas d’un cadeau raté pour moi et mon futur mari, Nate. Pourtant, nous avons également reçu les deux premiers car l’atelier de broderie ne voyait pas de raison de les garder.

Un cas de plus dans les statistiques

Avant que les médecins ne débranchent Alison fin avril – une victime de plus du coronavirus, un cas de plus dans les statistiques et une simple note de bas de page dans le grand livre de cette sordide histoire –, ce plaid symbolisait ce qu’était Alison au fond d’elle-même : une perfectionniste qui voulait le plus beau des cadeaux pour ses amis.

Mais elle était plus que cela, elle a été ma meilleure amie pendant douze ans, et même si je suis maintenant marié à un homme merveilleux, je ne suis pas sûr de l’aimer un jour autant que j’ai aimé Alison.

Que ce cadeau – le plus beau que mon mari et moi ayons reçu à notre mariage, le cadeau que nous utilisons plus que tout autre, le cadeau auquel je me raccroche depuis qu’Alison est partie – vienne de celle qui a été ma première, et unique, épouse officielle sur Facebook revêt un sens particulier.

Mon mariage le plus réussi et le plus long

Quand tout le monde se délectait des psychodrames et des ragots liés aux statuts de leurs amis en ligne à une époque où Facebook avait encore des murs au lieu de fils et où les gens écrivaient encore sur les murs de leurs amis, nous avions décidé de jouer la carte satirique en organisant notre mariage en ligne.

Ce fut le mariage fictif le plus réussi de ma vie, un mariage nourri de confitures artisanales achetées sur le bord de la route et de rêves de cabane perdue dans le Vermont entourés de chiens avec un hangar consacré aux décorations d’Halloween.

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Avec 1 600 journalistes, 35 bureaux à l’étranger, 130 prix Pulitzer et quelque 5 millions d’abonnés au total, The New York Times est de loin le premier quotidien du pays, dans lequel on peut lire “all the news that’s fit to print”

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