L’ex-président de la NRA piégé par les parents d’une victime de la tuerie de Parkland

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Début juin, David Keene a été convié à la cérémonie de remise des diplômes d’une école privée fictive à Parkland. L’objectif : filmer l’ancien dirigeant du lobby pro-armes aux États-Unis devant un parterre de plus de 3 000 chaises vides, symbolisant les victimes des tueries de masse.

“Pour commencer, laissez-moi vous dire que c’est un grand honneur pour moi d’être ici pour célébrer votre remise des diplômes”, s’est réjoui David Keene, ancien président de la National Rifle Association (NRA), puissante organisation de défense des armes à feu aux États-Unis. L’homme âgé de 76 ans a été invité début juin à Las Vegas pour répéter un discours destiné à la cérémonie de remise des diplômes de la James Madison Academy. Un lycée privé qui n’a en réalité “jamais existé”, relate le Washington Post, car “les 3044 chaises vides qui lui faisaient face n’ont jamais eu vocation à être occupées”. Il s’agissait “d’un canular soigneusement organisé pour faire passer un message”, explique le quotidien de la capitale, “chaque chaise représentant un élève victime de la violence armée”.

À l’initiative de ce coup monté, Manuel et Patricia Oliver, dont le fils, Joaquin Oliver, a perdu la vie à l’âge de 17 ans dans la tuerie du lycée de Parkland, en Floride, le 14 février 2018. Avec leur association Change the Ref, qui dénonce les ravages des armes à feu aux États-Unis, le couple Oliver a utilisé des images montrant David Keene répéter son discours devant un parterre de chaises vides dans un montage vidéo intitulé “Promotion sacrifiée”, rendu public le 23 juin.

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Manuel et Patricia Oliver ont choisi de nommer l’école fictive “James Madison Academy” en référence au quatrième président des États-Unis, qui est l’un des Pères fondateurs du pays et est considéré comme l’un des principaux auteurs de la Constitution américaine. Lors de son discours devant ce lycée imaginaire, David Keene a décrit le second amendement, garantissant aux citoyens américains le droit de posséder des armes à feu pour se défendre, comme “l’un des amendements les plus importants de James Madison”.

“Il y a des gens qui continueront à se battre pour abroger le deuxième amendement, mais je suis prêt à parier que nombre d’entre vous compteront parmi ceux qui s’y opposeront et les empêcheront d’arriver à leurs fins”, a-t-il déclaré, sans avoir conscience du piège qui lui était tendu. La vidéo publiée par l’association Change the Ref alterne ces images avec des “enregistrements audio des appels d’urgence passés lors de tueries de masse dans des écoles”, précise le Washington Post.

L’auteur John Lott, lui aussi défenseur des armes à feu, était également présent à cette cérémonie fictive. Si David Keene n’a pas souhaité faire de commentaires sur l’événement, M. Lott a accepté de répondre au Washington Post. Il affirme que la vidéo “a été modifiée de manière à déformer” ses propos, ajoutant que la personne qui l’a contacté pour lui demander d’intervenir a insisté pour qu’il parle des armes à feu malgré ses réticences. “Lorsque Lott a dit que ça l’embarrassait, relaie le journal, l’homme a affirmé que les élèves étaient conservateurs et que le deuxième amendement faisait partie de leur cursus de base cette année.” Il a ensuite tenté de se faire rembourser les frais de son déplacement, et demandé à l’association de publier son discours en entier.

“Nous n’avons pas peur de ces types”

Mais comme le rapporte Buzzfeed, les Oliver ont rétorqué que MM. Keene et Lott auraient très bien pu s’apercevoir de la supercherie en “se renseignant correctement” sur la prétendue école. Interrogé par le site d’information, Manuel Oliver a affirmé : “Nous devons montrer que nous sommes courageux et que nous n’avons pas peur de ces types.” M. Oliver revient également sur la douleur immense causée par la mort de son fils :

Nous avons perdu Joaquin trois mois avant sa remise des diplômes. Nous savons exactement ce que ça fait, d’être là à recevoir un diplôme sans son enfant. […] Nous savons que beaucoup de gens vivent la même chose en ce moment.”

Le chiffre de 3 044 élèves victimes de violences armées, précise Buzzfeed, a été établi “en compilant les décès par arme à feu par tranches d’âge depuis 2003”. La tuerie perpétrée au lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland en 2018 avait coûté la vie à dix-sept adolescents, et provoqué un large mouvement de protestation contre l’usage des armes à feu parmi la jeunesse.



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