“Les régimes libanais et syrien sont les assassins de mon père”

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Comme l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, Samir Kassir a été tué dans un attentat à Beyrouth en 2005. Aujourd’hui, sa fille Liana est désespérée par la justice internationale et craint que sa mort ne reste à jamais impunie.

Ce jeudi 18 août, au matin du verdict du Tribunal spécial pour le Liban [TSL], j’ai des papillons dans le ventre, légère et enthousiasmée par le champ des possibles qui peut advenir.

Moi, la fille naïve d’un autre assassiné, supprimé juste après Hariri, élu pour être tué, deuxième de la liste d’une longue série d’attentats politiques… [Samir Kassir, journaliste*, historien et homme politique, est mort le 2 juin 2005 à Beyrouth dans un attentat à la voiture piégée.]

La mort de mon père n’a jamais été élucidée. Cela fait quinze ans que ne me parviennent que des bribes d’informations, pas toujours claires, sur la manière dont les juridictions libanaise et française ont mené leurs enquêtes, restées depuis dans l’impasse. Mais j’ai au moins compris qu’il fallait attendre.

Attendre notamment que le TSL établisse, ou non, un lien direct entre cet assassinat et la vague de ceux dont il a été saisi. Alors oui, je pensais que peut-être… je n’y croyais pas vraiment mais, au fond, je l’avoue, j’espérais qu’un jour… une nouvelle surgirait de l’épais brouillard provoqué par l’inconsistance de l’État libanais et enverrait tout balader… Et pourquoi pas de la part d’un tribunal à l’autre bout du monde ?

Pointer du doigt un petit homme pour cacher les grands

On dit que je suis naïve, et je le suis. Depuis quinze ans, cette naïveté a été une échappatoire, et mon déni un bouclier, en attendant que justice soit rendue. Depuis quinze ans, je restais persuadée qu’ils n’avaient pas pu tout à fait tuer mon père, la poésie américaine m’incitant à croire qu’“il faut plus qu’un revolver pour tuer un homme”. Pendant que je méditais, j’attendais que des gens sérieux fassent leur travail.

Mais aujourd’hui, je me prends en pleine figure cette nouvelle venue de La Haye, où siège par ailleurs la plus haute juridiction pénale du monde. Je commence à grandir. Ce matin, j’étais une gamine, je croyais que ce tribunal m’

[…]

Liana Kassir

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Longtemps le quotidien francophone de Beyrouth, né en 1970 d’une fusion entre L’Orient et Le Jour, a été la parfaite illustration du “Liban de papa” francophone et chrétien que la guerre civile allait tourner en dérision. Le départ

[…]

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