Le président brésilien Jair Bolsonaro serait-il trop fidèle à Trump ?

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Pro-Trump affiché, le président Jair Bolsonaro ne sera guère enclin à accepter avec pragmatisme une victoire éventuelle du candidat démocrate Joe Biden. Au risque d’envenimer les relations entre les deux pays et d’isoler le Brésil.

À quelques semaines du scrutin présidentiel aux États-Unis, la réélection du président sortant Donald Trump est de moins en moins évidente. La surprise de 2016, qui avait vu Trump passer devant Hillary Clinton au dernier moment, invite certes à la plus grande prudence, mais l’avance de Biden dans la plupart des États décisifs conforte le scénario d’une victoire du candidat démocrate. Or le Brésil, dont le président a tout misé sur son rapprochement avec Trump, serait parmi les plus désavantagés par une élection de Joe Biden. Certes, le partenariat entre Bolsonaro et Trump peut ne rien apporter de tangible à Brasilia, mais dans l’hypothèse d’un changement à la Maison-Blanche, le chef de l’État brésilien perdrait celui autour duquel il a articulé toute sa politique extérieure.

Plusieurs spécialistes s’accordent à penser que la victoire de Biden ne signerait pas nécessairement une rupture des relations entre les États-Unis et le Brésil. Comme l’a écrit dernièrement Roberto Simon, éditorialiste au quotidien Folha de São Paulo, “un antagonisme profond semble peu plausible”, dans la mesure où Biden est “un pragmatique conscient de l’importance de la relation [des États-Unis] avec le Brésil”. Il ne serait effectivement pas dans l’intérêt du démocrate d’isoler le Brésil et de le pousser ainsi dans les bras de la Chine – car on s’attend à ce que Biden maintienne la stratégie adoptée par Trump avec Pékin.

Pour autant, cette théorie optimiste nécessiterait une forte dose de pragmatisme de la part de Bolsonaro, une qualité pour laquelle il n’a témoigné jusqu’à présent que peu d’intérêt, ou de talent. La défaite [du président sortant] Mauricio Macri en Argentine fin 2019 constitue en la matière un précédent préoccupant. La majorité des observateurs s’attendait à voir un Bolsonaro plus pragmatique quand il est devenu évident qu’Alberto Fernández, allié de Cristina Kirchner, ennemie jurée du bolsonarisme, allait accéder à la présidence à Buenos Aires. C’est tout l’inverse qui s’est produit : le président

[…]

Oliver Stuenkel

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Le portail brésilien du grand quotidien espagnol El País a été lancé fin 2013 à São Paulo, quelques mois après la création de son espace dédié à l’Amérique latine sur son site web. Au total, les sites hispanophone et lusophone de ce journal d’

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