Le Khouzestan s’élève contre la gestion de l’eau par les dirigeants iraniens

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Depuis le 15 juillet, plusieurs villes iraniennes de la province pétrolifère du Khouzestan ont été le théâtre de manifestations provoquées par la raréfaction des ressources en eau, et réprimées dans le sang.

“La contestation au Khouzestan a été réprimée dans le sang”, peut-on lire sur le site Iran Wire. Mardi 20 juillet au soir, pour la sixième nuit consécutive, les Iraniens sont descendus dans des villes de la province du Khouzestan, dans le sud-ouest du pays, pour protester contre le manque d’eau et les coupures très fréquentes d’électricité, explique le média basé à Londres. Le mouvement de contestation a, dès le premier soir, pris une tournure politique, ciblant même la plus haute autorité, le guide suprême Ali Khamenei. “À bas la dictature”, ont notamment scandé les manifestants. Selon le site, Internet a été coupé dans toutes les villes du Khouzestan à partir de 19 h 30 et n’a été rétabli que poaur de brefs moments”.

Les forces de l’ordre ont répondu avec violence à la contestation pacifiste des habitants dans des villes comme Ahvaz, Susangerd, Izeh et Shadegan, tirant à balles réelles. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent de jeunes hommes couverts de sang alors que sifflent les coups de feu. Pour le moment, les autorités parlent de deux morts du côté des manifestants et d’un policier tué. Iran Wire relaye les chiffres qui circulent sur un groupe WhatsApp des habitants de la ville d’Izeh évoquant la mort de trois manifestants dans la seule nuit de mardi.

Selon une source locale, citée par Iran Wire, un nombre important de forces antiémeute ont été envoyées à Ahvaz, la capitale du Khouzestan, depuis la province voisine de Fars.

Sentiment de délaissement

La province du Khouzestan, pétrolifère et frontalière de l’Irak, a été gravement touchée par la guerre Iran-Irak (1980-1988). Dans cette région, habitée par un nombre important d’Iraniens d’origine d’arabe, la température peut monter jusqu’à 50 °C. Alors qu’elle est traversée par cinq des plus grands fleuves du pays, les ressources hydriques manquent du fait de la construction de nombreux barrages – sans étude scientifique préalable – et de la déviation de l’eau vers les autres provinces iraniennes. Un état de fait qui crée un sentiment de délaissement parmi les habitants du Khouzestan. Certaines villes n’ont même pas accès à l’eau potable, contrairement au reste du pays, ce qui ajoute à leur frustration. Ces dernières semaines, des photos et des vidéos prises dans la région montraient la colère des éleveurs du bétail et des agriculteurs à cause de la sécheresse, aggravée aussi par le  dérèglement climatique.

Source

Lancé en 2014 par le journaliste canado-iranien exilé Maziar Bahari, ​IranWire s’est rapidement imposé comme une plateforme très variée d’informations et de reportages, parfois réalisés par des “journalistes citoyens” en Iran. Un grand plus

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