Jonathan Pollard, l’espion qui embarrasse encore Israël

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Officiellement Israël préfère garder profil bas, mais l’affaire Pollard est dans tous les journaux. Alors que l’espion juif américain est désormais libre de quitter le territoire des États-Unis, la presse revient sur le dernier chapitre de ce roman d’espionnage qui, pendant 35 ans, a envenimé les relations entre les deux pays.

“L’affaire Pollard : une histoire d’amour et de suspicion”. Le titre est celui d’Israël Hayom, le journal au fort tirage proche du Likoud, le parti de Benyamin Nétanyahou. Le quotidien relate au fil des années l’approche vengeresse du gouvernement et du renseignement américain, la crise diplomatique entre les deux pays, alors que l’on était toujours en pleine guerre froide, l’accord passé avec le parquet américain, puis annulé pour faire avouer l’espion, et les visites des ministres américains dans la geôle de l’homme qui avait travaillé pour les services secrets israéliens.

Jonathan Pollard, un ancien analyste de la marine américaine, a en effet été arrêté en 1985 pour espionnage au profit de l’État hébreu : il a livré à Israël une grande masse d’informations classées secret-défense. Il a plaidé coupable, et a été condamné en 1987 à la rétention à perpétuité. Après 30 ans en prison, il a été libéré sur parole en novembre 2015 avec obligation de porter un bracelet électronique, de respecter un couvre-feu et interdiction de quitter le territoire américain pendant cinq ans supplémentaires. Depuis le 21 novembre, il est désormais libre de quitter les États-Unis, a annoncé le ministère américain de la Justice.

“Le renseignement américain a eu la main lourde”

“Tout le monde a eu tort dans cette affaire”, affirme dans Yediot Aharonot Elyakim Rubinstein, ancien juge à la cour suprême israélienne et ex-diplomate. En 1987, il était le numéro deux de l’ambassade israélienne à Washington. Et c’est à ce titre qu’il a fermé la porte de sa légation à l’espion qui venait y trouver refuge, alors qu’il était poursuivi par les agents du FBI. “La communauté du renseignement aux États-Unis a eu la main lourde”, souligne encore l’ancien diplomate.

Dans tous les médias on retrouve Alan Dershowitz, l’avocat de Jonathan Pollard après son arrestation, qui est persuadé que son ex-client, naturalisé israélien pendant son séjour en prison, va faire très prochainement son alya, c’est-à-dire émigrer en Israël. Il devrait rejoindre le pays d’ici à la fête de Hanoukka, affirme-t-il. L’avocat donne également un conseil aux dirigeants israéliens :

Gardez le profil bas sur cette affaire !”

“Bienvenue dans notre pays bien aimé”, proclame pour sa part dans Maariv Efi Lahav, qui dirige le comité pour la libération de Pollard.

Dans Haaretz, Gideon Levy compare Jonathan Pollard à un autre ancien espion. Mordechai Vanunu, le technicien nucléaire qui a révélé au Sunday Times les secrets de l’atome israélien en 1986. Après avoir purgé une peine de 18 ans de prison en Israël pour divulgation de secret d’État, il est toujours étroitement surveillé. “L’un est héros aujourd’hui libre, l’autre est toujours retenu en otage”, commente Gideon Levy.



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