Italie-Turquie, premier match de l’Euro 2021 et théâtre de la diplomatie du ballon rond ?

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Déçue de ne pas s’être vu attribuer l’organisation du premier match de l’Euro et de ne pas pouvoir envoyer ses supporters en Italie, la Turquie fait néanmoins bonne figure. Le pays espère que la compétition lui permettra d’améliorer ses relations avec l’Union européenne.

Avant même le premier coup de sifflet du match inaugural du championnat d’Europe des nations, ce vendredi 11 juin face à l’Italie, la Turquie a déjà encaissé trois coups durs. Après s’être vu retirer au dernier moment l’organisation de la finale de la Ligue des champions du 29 mai, transférée d’Istanbul à Porto, elle n’a pas non plus obtenu d’accueillir ce premier match de l’Euro, qui se jouera à Rome. Pis, les supporteurs turcs ont été bannis des gradins : “Décision scandaleuse du gouvernement italien avant le match de l’Euro !” affiche en titre d’article le quotidien progouvernemental Sabah.

Invoquant les mesures sanitaires européennes, l’Italie a interdit l’entrée aux ressortissants de pays situés hors de l’espace Schengen, ce qui laisse les fans turcs dans le désarroi. Ces derniers devaient être près de 20 000 à peupler les tribunes. Le quotidien précise néanmoins que les ressortissants turcs de la diaspora installés dans les pays européens pourront, eux, faire le déplacement pour soutenir l’équipe nationale.

Une “menace” plus qu’un “allié” ?

Les relations entre la Turquie et l’Italie se sont envenimées au mois d’avril, après les propos du président du Conseil italien, Mario Draghi, qui a qualifié le président Erdogan de “dictateur”. Cette tension avec l’Italie, mais aussi plus globalement avec l’Union européenne, inquiète en Turquie, et crée un fort sentiment de solitude. “Les relations n’ont jamais été aussi mauvaises”, déplore le journal Karar, qui s’appuie sur les résultats d’un vaste sondage mené dans douze pays européens : “L’un des résultats les plus frappants concerne la Turquie, que les Européens interrogés ne considèrent pas comme un allié ou un partenaire stratégique mais comme une menace, supérieure même en cela à la Chine et à la Russie”, s’inquiète le quotidien de l’opposition conservatrice, qui rapporte que 53 % des Français et 52 % des Allemands considéreraient la Turquie comme le principal adversaire de l’Union européenne.

Tous les prétextes sont bons pour tenter de remédier à cette situation, et le ballon rond en est un. “Nous le répétons, la Turquie, par sa géographie, son art, sa culture, son économie, est européenne. Elle l’est aussi avec son football […] et nous espérons renforcer nos relations avec l’Europe dans ce domaine du football”, a ainsi déclaré Faruk Kaymakçi, ministre des Affaires étrangères adjoint, rapporte le quotidien Sözcü.



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