Face au risque de caillots, de nouveaux pays européens limitent l’usage du vaccin AstraZeneca

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Après l’Allemagne et la France, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Italie et l’Espagne ont décidé mercredi 7 avril de restreindre l’utilisation du vaccin, selon des critères d’âge variables d’un pays à l’autre. La presse européenne redoute que ces décisions ne nourrissent la défiance vis-à-vis de la vaccination.

C’est une “nouvelle série de coups durs” pour le vaccin AstraZeneca, résume le New York Times.

Alors que la France, l’Allemagne et les Pays-Bas avaient déjà décidé la semaine dernière de restreindre l’usage du vaccin aux personnes âgés de plus de 55 ou 60 ans, l’Italie, l’Espagne et la Belgique ont décidé mercredi d’en faire de même, après la publication d’un avis très attendu de l’Agence européenne du médicament (EMA).

Le régulateur européen a reconnu que les caillots sanguins devaient être repertoriés comme un effet secondaire “très rare”, tout en estimant que la balance bénéfice/risque demeurait “positive”, rapporte l’édition européenne du site Politico.

Selon le média, des responsables de l’EMA ont précisé mercredi soir aux journalistes que le genre et l’âge de la personne vaccinée n’était pas des facteurs de risque. Bien que la plupart des cas concernent des femmes de moins de 60 pas, ils ont pointé du doigt le fait que des hommes et des personnes de plus de 60 ans avaient, eux aussi, été affectés par des problème de caillots.

“Eviter à tout prix que la chaîne de vaccination se rompe”

Mercredi soir, après l’avis de l’EMA, la Belgique a annoncé qu’elle avait décidé de réserver le vaccin AstraZeneca aux plus de 55 ans. “Les autorités belges ont tranché dans le vif, chirurgicalement, avec cette double obsession en ligne de mire : éviter à tout prix que la chaîne de vaccination, déjà si fragile et si lente, se rompe et garantir un maximum de sécurité”, analyse l’éditorialiste en chef du Soir, Béatrice Delvaux. “Tant pis pour l’AstraZeneca – de toute façon on n’en a presque pas –, tant pis pour l’(éventuelle) décision commune européenne. A la guerre comme à la guerre ? L’heure n’est plus à regarder ce que cela donne dans le miroir, mais à être efficace (et sûr)”, conclut-elle.

L’Italie et l’Espagne ont toutes deux annoncé de leur côté réserver le vaccin aux plus de 60 ans. “Reste à voir quelles seront les conséquences de cette décision sur le taux de vaccination et sur le projet du gouvernement de faire vacciner 33 millions d’Espagnols, soit 70% de la population à la fin du mois d’août”, remarque le quotidien espagnol El Periodico.

“Un impact disproportionné sur la confiance vis-à-vis des vaccins”

Des doutes partagés par les Britanniques après que le comité scientifique supervisant la campagne de vaccination anti-Covid au Royaume-Uni, le JCVI, a recommandé mercredi de limiter l’usage du vaccin AstraZeneca aux plus de 30 ans quand c’est possible. Pour le Guardian, cet avis du JCVI pourrait “avoir un impact disproportionné sur la confiance vis-à-vis des vaccins, pas seulement au Royaume-Uni où il existe d’autres options qu’AstraZeneca, mais aussi en dehors, dans des régions du monde où il n’y a pas d’autre choix”, et où le vaccin anglo-suédois “abordable et facile à utiliser, est le seul qui sauve des vies”.

Inquiète mercredi soir, la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides a appelé les membres de l’UE à “parler d’une seule voix” sur le vaccin AstraZeneca afin de ne pas nourrir la défiance.

Noémie Taylor-Rosner



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