Et si on élevait des poissons sur la Lune ?

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Une équipe de chercheurs de l’Ifremer a testé, grâce à une simulation, la résistance d’œufs de bar et de maigre lors d’un décollage vers l’espace. Avec une idée en tête : créer sur notre satellite des fermes aquacoles à l’usage des futurs habitants du Village lunaire de l’Agence spatiale européenne.

Il fallait sans doute que ce soit des Français qui, dans le cadre de l’hypothétique futur Village lunaire de l’Agence spatiale européenne (ESA), y pensent en premier : tout ça, c’est bien beau, mais qu’est-ce qu’on va manger de bon ? L’idée, défendue par le directeur général de l’ESA Jan Wörner, d’une base d’habitation permanente sur la Lune qui serait mise en place en 2030, n’en est qu’au stade de projet. Mais une équipe de chercheurs français s’attelle déjà, signale le Smithsonian Magazine, à répondre à la question : “Des astronautes pourraient-ils élever des poissons sur la Lune ?”

Bien entendu, la question est moins délirante qu’il n’y paraît. Elle est même cruciale, puisque cette piste est l’une des “300 idées environ actuellement étudiées par l’agence” pour répondre à la problématique de “l’alimentation” des futurs habitants du Village lunaire, explique le magazine scientifique. Son atout, par rapport aux autres : “Offrir aux résidents lunaires de la nourriture fraîche, appétissante et riche en protéines, et pas seulement des paquets de boustifaille lyophilisés.” Cocorico.

En effet, au-delà de son intérêt sur le plan purement nutritionnel, Cyrille Przybyla, le chercheur en aquaculture de l’Ifremer qui mène des travaux sur le sujet des fermes aquacoles lunaires, “estime que cette idée aura d’autres bénéfices pour les astronautes qui pourraient un jour se retrouver à élever des animaux dans l’espace”, selon le Smithsonian Magazine, qui cite le chercheur :

Sur le plan psychologique, c’est mieux [pour eux] d’avoir quelque chose qui leur rappelle la Terre : un jardin, un aquarium…”

Pour qu’un jour ces astronautes puissent dire “On a pêché sur la Lune”, les chercheurs de l’Ifremer se sont en mis en quête des poissons les plus aptes à participer à cette odyssée de l’espèce. Deux se sont dégagés parmi des milliers, rapporte le magazine américain : “le bar et le maigre”.

Le bar des étoiles

Pour s’assurer que l’idée est viable, les chercheurs ont fait subir à des œufs de ces deux espèces une simulation du décollage d’un engin spatial. Un succès : “Les œufs ont survécu à l’épreuve.” Mieux : “76 % des œufs de bar ont éclos, un résultat proche du taux de 82 % atteint par des échantillons qui n’avaient pas été secoués [par une simulation de décollage]. En comparaison, les œufs de maigre ont fait encore mieux : 95 % des œufs secoués ont éclos, contre 92 % de ceux du groupe témoin.”

Cependant, Cyrille Przybyla et les chercheurs de l’Ifremer ont de la concurrence, ajoute le Smithsonian Magazine, qui signale que Luke Roberson, un chercheur de la NASA, et ses collègues ont récemment “pesé le pour et le contre parmi diverses espèces candidates pour de l’aquaculture extraterrestre. Résultat, des invertébrés, comme des moules ou des crevettes, pourraient être un choix encore meilleur que des bars”. Car, selon le scientifique américain cité par le magazine, “les espèces vertébrées prennent beaucoup d’espace, et ne fournissent pas une ration calorique équivalente à leur masse”.

Des moules dans l’espace, d’accord. Mais et les frites, alors ?

Source

Magazine culturel mâtiné d’histoire naturelle et d’écologie, c’est l’émanation du Smithsonian Institute, une entité publique fondée à Washington et rassemblant notamment 16 musées et divers centres de recherche 

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