En montrant les muscles, la Chine fait aveu de son échec avec Taïwan

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Une récente démonstration de force de Pékin contre Taipei semble indiquer une attaque militaire imminente. Mais ces mouvements sont davantage une part de faiblesse de la part du gouvernement chinois, estime ce spécialiste de la région.

Les bruits de bottes se font de plus en plus insistants dans le détroit de Taïwan. Le mois dernier, au moins cinquante appareils de l’Armée populaire de libération ont violé l’espace aérien taïwanais. Les propos menaçants envers Taipei, tenus par des sources chinoises, officielles ou non, vont crescendo, et les gros titres dans la presse deviennent plus alarmants de mois en mois.

Aux États-Unis, des experts en politique étrangère qui n’ont rien d’extrémistes s’interrogent désormais publiquement sur la nécessité pour Washington de sortir de son ambivalence stratégique pour s’engager ouvertement à défendre Taïwan en cas d’attaque – une idée que n’avançait encore, il n’y a pas si longtemps, qu’une minorité radicale.

Pour autant, ce tableau inquiétant est trompeur : Pékin ne prépare pas d’attaque contre Taïwan. La Chine n’a pas la capacité de lancer une invasion de grande envergure qui puisse réussir, pas plus qu’elle n’a intérêt à risquer un conflit avec les États-Unis.

Sa rhétorique de plus en plus belliqueuse, loin d’être un signe de puissance, trahit sa faiblesse et l’échec de sa politique à l’égard de Taipei. Maintenant qu’il a gaspillé l’essentiel de ses leviers non militaires en tentant, en vain, de forcer la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, à se rallier à son principe d’“une seule Chine”, Pékin en est réduit à des manœuvres d’intimidation contre-productives pour dire son mécontentement face aux ventes d’armes et aux visites de hauts diplomates américains.

Pendant ce temps, Taïwan s’active à renforcer ses défenses et à réorienter son économie de façon à la rendre moins dépendante du continent. Pour le dire simplement, la méthode Xi sur la “question taïwanaise” se révèle un fiasco stratégique retentissant, dont Pékin mettra certainement des années à se remettre.

Prudence et modération taïwanaise

Les observateurs étrangers, y compris à Pékin, ne mesurent pas la prudence et la modération dont Tsai fait preuve depuis son arrivée au pouvoir sur les questions d’identité nationale et sur la relation de son pays avec la Chine.

Au lendemain de sa victoire, en 2016, elle a été confrontée à d’énormes pressions pour concrétiser les vieilles ambitions chères à la mouvance indépendantiste de son parti : rebaptiser le pays, adopter une nouvelle Constitution, en finir avec ce qu’il reste de liens historiques entre la République de Chine et son grand voisin continental, et détricoter les accords bilatéraux signés sous la présidence de son prédécesseur, Ma Ying-jeou.

Autant d’injonctions auxquelles Tsai Ing-wen résiste, au profit de positions centristes pragmatiques. Ainsi dans son discours d’investiture, la présidente n’a pas eu un mot pour l’indépendance de Taïwan, promettant au contraire de protéger l’ordre constitutionnel

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Auteur

Kharis Templeman

Professeur sur l’Asie de l’Est à l’université de Stanford, aux Etats-Unis.

Source

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