Des photos historiques des îles Shetland sauvées de l’oubli

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Des centaines de photos, prises voilà plus d’un demi-siècle sur les îles Shetland, au large de la Grande-Bretagne, ont été sauvées de la décharge. Bénéficiant d’une seconde vie, les clichés ont été partagés en ligne et suscitent l’engouement des habitants.

Plusieurs centaines de clichés et une époque révolue. En tirant ces souvenirs de l’oubli, Paul Moar était loin de s’imaginer l’enthousiasme qu’il allait susciter.

 Thierry Gauthé/Courrier International
Thierry Gauthé/Courrier International

Ce féru d’histoire locale travaille depuis des années au centre de recyclage des déchets de Lerwick, la capitale des îles Shetland. L’homme débarrasse notamment ses semblables des objets dont ils n’ont plus l’usage. Mais lorsqu’un retraité lui apporte deux énormes sacs gonflés de vieilles photos, il ne peut se résoudre à les jeter. “Dans les sacs, il a trouvé une foule de vieux négatifs des îles prises dans les années 1960 et 1970, montrant de vieux fermiers en train de tondre des moutons à la main, des vues de chemins de terre serpentant entre des maisonnettes en pierre, ou des pêcheurs ramant sur leurs petites barques en direction du rivage’’, rapporte le New York Times.

Une renaissance en ligne

Paul Moar décide immédiatement de partager ces traces d’un autre temps. “J’en suis resté baba ! confie-t-il au journal américain. Certains clichés saisissaient sur le vif le quotidien sur l’île, tandis que d’autres n’étaient que de simples photos de paysages. Mais je savais que j’étais tombé sur un véritable petit trésor !” Après avoir numérisé les quelque 300 documents, M. Moar part à la recherche de leur propriétaire, qu’il parvient à joindre par l’intermédiaire d’un voisin. Le voilà face à Nick Dymond, un photographe prolifique.

Originaire de Bedford, en Angleterre, l’homme de 77 ans s’est installé dans les îles Shetland dans les années 1960. Dix ans plus tard, il y organisait des excursions en bateau afin d’observer des oiseaux ayant élu domicile dans cette région.

L’une des photographies préférées de Nick Dymond, montrant Lollie Brown, fermier arrivé sur la petite île de Fetlar dans les années 1960. NICK DYMOND via THE NEW YORK TIMES
L’une des photographies préférées de Nick Dymond, montrant Lollie Brown, fermier arrivé sur la petite île de Fetlar dans les années 1960. NICK DYMOND via THE NEW YORK TIMES

Le septuagénaire “interviewé par téléphone, s’est dit surpris de l’engouement suscité par ses vieilles photos, mais heureux que d’autres puissent les apprécier”, précise le quotidien. “Il dit avoir effectué un voyage dans le passé en revoyant, grâce à ces clichés, des petits moments de sa vie auxquels il ne pensait plus depuis longtemps.” L’occasion pour lui, notamment, de revenir sur l’une de ses photographies préférées : celle d’un fermier agenouillé près d’un agneau, prise sur la petite île de Fetlar, dont la population, à l’époque, n’excédait pas 100 habitants.

Des éclats de vie

Les images de ces terres posées dans les flots sombres de la mer du Nord ont plongé les insulaires cinquante ans en arrière. Autorisée par Nick Dymond, leur publication dans un groupe Facebook a donné le coup d’envoi d’une course aux identifications permettant de revisiter le passé récent de l’archipel. Les habitants des Shetland, qui comptent environ 22 000 habitants, en profitent également pour évoquer leurs souvenirs d’enfance : “Le bateau de mon père, que l’on voit sur la droite, il porte mon nom”, commente Mairi Thomson sous une image du port. “Ah ! Si l’on pouvait revenir en arrière !” écrit dans un commentaire Frank David Simmons.

“De manière inattendue, c’est devenu comme un point lumineux en pleine pandémie de coronavirus, dans cette période de restrictions où les gens se sentent isolés”, rapporte le journal. À l’heure où les interactions sociales restent rares, les tableaux de côtes ourlées de falaises et de scènes de la vie quotidienne d’antan rassemblent la communauté insulaire autour de son histoire. “Vous savez, c’est comme un petit rayon de lumière pour les gens en ces temps si sombres !” conclut Paul Moar.

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Avec 1 600 journalistes, 35 bureaux à l’étranger, 130 prix Pulitzer et quelque 5 millions d’abonnés au total, The New York Times est de loin le premier quotidien du pays, dans lequel on peut lire “all the news that’s fit to print”

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