Des intellectuels chinois vilipendés pour s’être rendus au Japon sur invitation

Views: 13

La Chine connaît une poussée de nationalisme antijaponais ciblant des intellectuels chinois qualifiés de “traîtres”. Le gouvernement chinois semble vouloir atténuer cet épisode embarrassant pour la diplomatie.

Une liste d’environ 200 intellectuels taxés de “traîtrise” circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux chinois. Elle comprend notamment le nom de l’écrivaine Jiang Fangzhou et celui du professeur de droit et militant des droits de l’homme He Weifang. Leur point commun : ils ont tous participé à un programme d’échange avec le Japon organisé par la Fondation du Japon, un organisme supervisé par le ministère des Affaires étrangères de ce pays et financé en partie par le gouvernement nippon.

“Après avoir appris que ces auteurs, chercheurs et journalistes chinois s’étaient rendus au Japon, certains internautes les ont accusés de ‘diffuser de la propagande japonaise’ parce que leurs écrits comportaient des commentaires positifs sur le Japon et des critiques contre la Chine”, explique le South China Morning Post.

Cette campagne de stigmatisation a été notamment déclenchée sur le réseau social Weibo par deux influenceurs remarqués pour leurs positions nationalistes. Les intellectuels de la liste sont accusés par ces derniers “d’embellir l’image du Japon”.

De manière récurrente, la Chine connaît des vagues de nationalisme antijaponais. La guerre sino-japonaise (1937-1945) et ses atrocités restent un traumatisme pour la population chinoise, et Pékin proteste régulièrement contre l’absence d’excuses officielles de la part de Tokyo.

Frein aux discours nationalistes

L’ampleur des critiques contre ces intellectuels a poussé les autorités chinoises à réagir. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Wang Wenbin, a ainsi défendu la poursuite continue “d’échanges normaux” entre les pays voisins. Interrogé par la chaîne de télévision nationale, il a déclaré : “Il est courant, dans le cadre des relations internationales, d’organiser toutes sortes d’échanges personnels entre nations”, rapporte le journal hongkongais.

Les propos de Wang Wenbin constituent un frein, donné du sommet de l’État, vis-à-vis des discours nationalistes. La semaine dernière, le président Xi Jinping avait insisté sur la nécessité de construire une image de la Chine “crédible, aimable et respectable”, cherchant à adoucir à l’image de plus en plus agressive de la diplomatie chinoise face aux sanctions et aux critiques venant de l’étranger.

Source

 
Le grand quotidien de langue anglaise de Hong Kong est depuis avril 2016 la propriété de Jack Ma (Ma Yun), patron du géant du commerce électronique chinois Alibaba. Cette acquisition a suscité de fortes craintes que la liberté de ton et la

[…]

Lire la suite



Source link

Comments: 0

Your email address will not be published. Required fields are marked with *

£0.000 items