Déchets urbains. Les bons points de la libéralisation

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Après avoir longtemps évolué sous le régime du monopole, la gestion des déchets urbains en Afrique est, dans nombre de pays, depuis peu libéralisée et confiée au secteur privé. La croissance galopante des villes aidant, de nouvelles perspectives d’affaires s’offrent aux investisseurs qui, du ramassage au traitement, peuvent y trouver leur compte. Chaque ville y va de son approche. C’est le cas, notamment, des cités de Lagos au Nigeria et Abidjan en Côte d’Ivoire.

Avec ses 21 millions d’habitants, Lagos, la mégalopole nigériane, qui a reçu en 1983 le titre peu enviable de “ville la plus sale du monde” dans le Guinness Book of Records, génère 10 000 à 13 000 tonnes de déchets ménagers par jour. Des chiffres qui sont appelés à croître dans la mesure où, selon des statistiques officielles, cette ville accueille chaque année 250 000 habitants supplémentaires et pourrait atteindre 35 millions d’habitants à l’horizon 2050.

Du défi démographique à l’urgence environnementale

En plus du défi démographique, Lagos fait donc face à l’urgence environnementale. La ville doit gérer ses déchets dont seulement environ 40% sont collectés par les gouvernements municipaux et seuls 13% des matériaux recyclables sont récupérés.

Pour sa part, Abidjan, métropole ivoirienne, connaît, elle aussi, une évolution démographique fulgurante. D’environ 3 millions d’habitants en 1998, sa population est passée à plus de 5 millions d’habitants en 2015. Avec une croissance démographique évaluée à environ 3,8% par an, cette ville a des chances d’atteindre les 10 millions d’habitants dans les 20 prochaines années.

Comme pour les autres villes africaines, la forte croissance démographique d’Abidjan a pour conséquence directe l’augmentation de la production globale de déchets. Selon une étude commandée par le district d’Abidjan, alors qu’en 2015 la ville produisait environ de 1 490 000 tonnes de déchets, cette production s’élève en 2018 à 1 650 000 tonnes, soit une hausse de 9,4% sur la période. Il va sans dire que la gestion des déchets ménagers constitue un problème de très grande préoccupation pour les autorités municipales de cette cité.

Des approches différentes de la gestion des déchets

Jusqu’à la fin des années 1990, diverses approches ont été expérimentées pour gérer les ordures à Abidjan, avec la prédominance d’une gouvernance centralisée. Les ordures ont été gérées tantôt par l’État, tantôt par la Ville d’Abidjan, tantôt par les communes, qui ont tour à tour travaillé avec la SITAF et ASH International, des sociétés privées qui évoluaient en situation de monopole.

À partir de 2002 les autorités choisissent de rompre avec le système de monopole, et de mettre en concurrence plusieurs opérateurs. De 2002 à 2007, la gestion des déchets est confiée au district d’Abidjan qui est en charge de la collecte et de la décharge, et aux communes qui gèrent la pré-collecte et travaillent avec des prestataires indépendants. Mais cette formule souffre du manque de financements.

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