Congo : Denis Sassou Nguesso, le Karatéka de la politique congolaise

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Élevé en août 2013 au grade de ceinture rouge 10ème dan par la fédération congolaise de karaté, Denis Sassou Nguesso l’est également sur le plan politique. L’ homme sait écourter ses combats en envoyant ses adversaires sur le tatami.

En fin manœuvrier du Landerneau politique national, qu’il régente depuis des décennies, il connaît, comme les cinq doigts de sa main, tous les acteurs politiques de son pays. Aucun détail ne lui échappe sur leurs faits et gestes.

Des observateurs de la scène politique congolaise disent de Sassou qu’il n’a pas encore trouvé une chaussure à son pied. Est-ce pourquoi les opposants congolais, invités à la Concertation politique de Madingou, sont tombés pour la énième fois dans la souricière de celui que ses affidés appellent affectueusement « Otchombé Lékoubé« ( arête de poisson en travers la gorge)?

Brazzaville, 20 novembre 2020. Invités à la Concertation politique concoctée par le gouvernement, certains ténors de l’opposition font la fine bouche et traînent les pieds à Brazzaville. D’autres rejettent catégoriquement l’offre politique du pouvoir. Denis Sassou Nguesso, bien au parfum des caprices des acteurs politiques qu’il « maîtrise », selon l’expression congolaise consacrée pour dire que l’on connaît bien une personne, dépêche un missi dominici auprès de Claudine Munari, Parfait Kolelas et Tsaty Mabiala, le chef de file de l’opposition congolaise. Qui a, par ailleurs, été reçu officiellement par le locataire du Palais du peuple à Brazzaville avant le début des travaux de la Concertation.

Quelle était la teneur du message délivré aux opposants congolais par le missi dominici du Chef de l’État congolais? Les langues ne se délient pas encore. Tout au moins, force est de noter que l’opposition congolaise a pris part à la Concertation politique de Madingou après que les listes de leurs délégués ont bénéficié d’un rajout au-delà de 1 ou 4 personnes par parti. Des frais de mission ou perdiems auraient payés en totalité à ces délégués de l’opposition, peu avant leur départ pour Madingou, croit savoir une bonne source. Il paraît que les Chefs des partis ont bénéficié d’un traitement spécial. Vrai ou faux?

Seuls Mathias Dzon et Frédéric Bintsamou ont décidé d’y dépêcher leurs représentants. À Madingou les opposants ont validé le communiqué sanctionnant la Concertation politique. Certains en sont revenus tout sourire. D’autres avouent leur résignation tout en reconnaissant, en privé, qu’ils ne gagnent rien à jouer au souffre-douleur du pouvoir alors que leur âge avance.

Est-ce pourquoi l’opposition congolaise est revenue sans poser- sur la table des négociations- le problème de la biométrie? Un acteur politique qui a requis l’anonymat s’étonne qu’elle ne se rappelle même plus au bon souvenir de ses membres en prison.

De l’avis des observateurs, Sassou a réussi, une énième fois de plus, à mettre ses opposants sous l’éteignoir. Quel discours tiendront ces opposants auprès de leurs militants pour tenter de se faire à nouveau adouber? À l’allure où vont les choses , projette un politiste congolais, il ne sera pas étonnant que des opposants affamés fassent leur come back dans le gouvernement de Sassou. Ainsi va le landerneau politique congolais. Un peu à l’image des orchestres de la musique rumba (congolaise).

Par Alphonse NDONGO.



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