“Comment j’ai voulu la jouer ‘comme Beckham’”

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Chaque semaine, la chronique phénomène du New York Times sur l’amour vous est proposée en exclusivité, traduite en français, par Courrier international. Ce dimanche, le récit d’une femme qui souhaite à tout prix rencontrer l’âme sœur en dehors de sa communauté, mais dont la réflexion sur l’identité la fera changer d’avis.

J’ai vu le film Joue-la comme Beckham [de Gurinder Chadha, 2002] pour la première fois au cours d’une veillée scout, et il a dicté mes exigences amoureuses pendant des années. Dans mon groupe scout au beau milieu du Midwest, j’étais la seule à avoir des racines en Asie du Sud, et j’étais ravie et soulagée de voir enfin quelqu’un qui me ressemblait à l’écran.

Lorsque Jess, l’héroïne, embrasse Joe, son entraîneur blanc, sur le terrain de foot (en sari, rien que ça !), j’étais euphorique. Quand Joe joue au cricket avec le père de Jess, dans la dernière scène, j’y ai vu mon avenir.

Cette séquence me faisait l’effet d’un portail vers un univers parallèle, dans lequel une fille racisée pouvait sortir avec un garçon blanc et rester en bons termes avec sa famille. Dans notre communauté d’immigrés pakistanais, les quelques couples mixtes qui existaient étaient considérés comme une curiosité. Parmi eux, les couples dont l’homme était blanc étaient plus rares encore.

Les garçons blancs, une espèce rare

Je ne m’intéressais aux hommes (ou plutôt aux garçons) que depuis peu, mais je savais qu’on attendait de moi que je tombe amoureuse d’un Pakistanais. Un homme blanc accepté par la communauté desi – c’est-à-dire originaire du sous-continent indien – de sa femme représentait à mes yeux le meilleur des mondes.

Après cette soirée scoute, je n’ai eu d’yeux que pour les garçons blancs : les coureurs dégingandés de mon club d’athlétisme, les stars des films Disney, les rockeurs de Good Charlotte… Arrivée à l’université, j’avais assez de cran pour sortir avec eux – si on peut appeler ainsi l’appétit sexuel débridé des étudiants alcoolisés. C’était d’autant plus facile que je faisais mes études à l’université du Wisconsin à Madison, où les garçons blancs n’étaient pas une espèce rare.

J’ai adhéré à l’association des étudiants pakistanais, honteuse de n’avoir aucun ami partageant mes origines, mais je me braquais dès qu’un garçon essayait de sympathiser avec moi, sans parler de flirter. Voyant que leur présence n’était que tolérée, ils n’insistaient pas.

Pas faite pour m’amouracher de mes semblables

Lorsque je suis arrivée à New York, mes exigences étaient passées de “garçon blanc” à “tout sauf un garçon desi” (un

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Avec 1 600 journalistes, 35 bureaux à l’étranger, 130 prix Pulitzer et quelque 5 millions d’abonnés au total, The New York Times est de loin le premier quotidien du pays, dans lequel on peut lire “all the news that’s fit to print”

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