Ce que les équipes de football nous disent sur la diversité en Europe

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Nombre de sélections de cet Euro présentent des visages métissés, intégrant une forte proportion de joueurs issus des minorités. Ce journaliste du Guardian espère que la compétition sera l’occasion de célébrer cette diversité plutôt que de la déplorer.

Pendant un mois, les 24 équipes engagées dans l’Euro 2020 [du 11 juin au 11 juillet 2021] vont offrir un bel aperçu de la diversité démographique en Europe. Les opinions exprimées à leur propos par la presse footballistique et le public vont davantage laisser transparaître les politiques menées en matière de nation et d’immigration, de race et d’ethnicité, que dans de nombreux domaines de la vie publique.

Avec la France, le Portugal, la Belgique et les Pays-Bas, l’Angleterre fait partie des cinq pays qui présentent une équipe très diversifiée, marquée par la présence de longue date de joueurs de couleur. Comme par hasard, ce sont tous d’anciennes grandes puissances coloniales ! La France et le Portugal ont sélectionné pour la première fois des joueurs noirs dans les années 1930, et les Pays-Bas dans les années 1960. En Angleterre, l’apparition de Viv Anderson, en 1978, dans l’équipe nationale a marqué le début d’une grande série de joueurs anglais noirs. Lors de l’Euro 2020, entre un tiers et la moitié des équipes des anciennes puissances coloniales seront composées de joueurs de couleur.

Dans tous ces pays, la composition ethnique de l’équipe nationale et ses performances dans les grandes compétitions rallument régulièrement le débat sur les politiques pro- et antimigratoires, et sur les différentes versions civiles et ethniques de la nation. Ainsi, les triomphes de la France en Coupe du monde ont été salués comme des victoires de la République française multiraciale et un camouflet pour le Front national [devenu Rassemblement national], fêtés avec exubérance en 1998 et plus prudemment en 2018. À l’inverse, on a interprété l’implosion de l’équipe lors de la Coupe du monde 2010 comme la conséquence de terribles dissensions ethniques internes. Suite à cela, la Fédération française de football a été secouée par des accusations de racisme institutionnalisé et a été accusée de vouloir introduire des quotas raciaux dans ses équipes de jeunes. Compte tenu de la montée de l’extrême droite en France et de la proximité de l’élection présidentielle de 2022, on peut difficilement exclure l’éventualité d’une réapparition de ce genre de discours.

Du côté de la Belgique, l’équipe nationale, par sa diversité et son attrait (qui évoquent un peu le mélange hypercosmopolite de Bruxelles), a contribué à faire sortir de l’impasse le débat national sur la question de l’identité wallonne et de l’identité flamande. Cependant, comme l’a souligné l’avant-centre Romelu Lukaku, il s’agit de compromis de circonstance : “Quand tout va bien, on m’appelle ‘Romelu Lukaku, l’attaquant belge’, mais quand ça va mal, je deviens ‘Romelu Lukaku, l’attaquant belge d’origine congolaise’”, écrivait-il en 2018.

Nouvelle ère post-guerre froide

Le second ensemble d’équipes de

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David Goldblatt

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