Avec la pandémie, le débat sur le revenu universel est relancé

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La pandémie, qui s’est accompagnée d’une explosion des dépenses publiques, a fait évoluer le débat sur l’État providence et remis au goût du jour l’idée d’une allocation de base. Si les divers dispositifs expérimentés ont donné des résultats intéressants, le principal obstacle à leur mise en œuvre à grande échelle reste celui du financement, estime cet hebdomadaire libéral.

Quand Andrew Yang a annoncé qu’il briguait la nomination du Parti démocrate pour la présidentielle américaine de 2020, il s’est démarqué grâce à sa proposition, peu orthodoxe, de Freedom Dividend [dividende de la liberté] – une mensualité de 1 000 dollars versée à tous les Américains. Près de deux ans plus tard, Andrew Yang est le favori dans la course à la municipalité de New York. Sa promesse de donner de l’argent à 500 000 New-Yorkais ne paraît plus si radicale, et pas seulement parce que son ampleur est beaucoup plus modeste que celle du revenu universel de base national qu’il prônait.

Si le revenu universel suscite encore un grand scepticisme, la pandémie et l’explosion des dépenses sociales ont fait évoluer le débat sur la refonte des prestations dans les États providence. Les aides monétaires – notamment celles mises en œuvre pendant la pandémie – se révèlent un moyen simple et efficace de répondre à de nombreux besoins sociaux. Certes, depuis un an, il n’y a eu quasiment aucun versement récurrent sans critère de sélection. Mais si l’heure du revenu universel n’est pas encore arrivée, l’épreuve du Covid-19 a peut-être accéléré les choses.

Les arguments en faveur du revenu universel existent depuis des siècles. Aux yeux de [l’intellectuel du XVIIIe siècle] Thomas Paine, la Terre était un bien commun et toute personne exploitant le sol et les ressources naturelles était redevable d’une “rente foncière” à la société, afin de financer un “héritage naturel” pour tous les adultes. L’idée de versements universels et la notion légèrement différente de revenu minimum garanti ont été régulièrement abordées dans les débats sur les prestations sociales au XXe siècle. Mais à la fin du siècle, la crainte que certains vivent aux crochets des autres et le taux élevé de chômage dans une grande partie de l’Europe ont abouti à des allocations moins généreuses ou plus dépendantes d’un emploi.

Dans les années 2010, le renforcement des inégalités et la conviction – surtout dans le milieu des nouvelles technologies – que les robots et l’intelligence artificielle risquaient de bientôt remplacer de nombreux travailleurs ont ravivé l’intérêt pour le revenu de base. Les propositions réalistes étaient néanmoins rares. En 2016, quand la Suisse a consulté sa population sur un revenu universel de 2 500 francs par mois, 80 % des électeurs ont répondu “non”.

Puis le Covid-19 est arrivé. Les restrictions sanitaires ont plongé de vastes pans de la population dans une grande précarité. À travers le monde, les gouvernements ont réagi en distribuant beaucoup de liquidités. De la mi-mars à la mi-juin 2020, plus de 1,1 milliard de personnes ont reçu de l’argent public, des dépenses généralement adoptées sans réelle opposition politique. Les transferts directs ont représenté environ un tiers de toutes les mesures sociales liées à la pandémie, selon la Banque mondiale.

En mars 2020, le Congrès des États-Unis a adopté à la quasi-unanimité un plan d’urgence prévoyant entre autres l’envoi sans condition d’un chèque d’un montant maximum de 1 200 dollars à la plupart des adultes (une mesure renouvelée fin 2020). Les habitants de Hong

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Définition

Un même montant versé à tous, sans aucune condition : c’est l’idée du revenu universel, ou revenu de base, qui peut parfois, dans les pays riches, se substituer aux prestations sociales. Ce qui permettrait son financement. La plupart des expériences menées jusqu’à présent sont néanmoins plus restrictives, les bénéficiaires étant choisis parmi les populations les plus démunies. L’objectif principal est en effet de lutter contre la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie, avec, en arrière-plan, la volonté de promouvoir l’égalité et la liberté.

Source

Grande institution de la presse britannique, The Economist, fondé en 1843 par un chapelier écossais, est la bible de tous ceux qui s’intéressent à l’actualité internationale. Ouvertement libéral, il défend généralement le libre-échange, la

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